Les quinquagénaires de la conception numérique : un CPF sous-utilisé, une opportunité gâchée ?
Alors que la transformation numérique du secteur du bâtiment bat son plein, un constat surprenant persiste : une grande partie des professionnels expérimentés, notamment les quinquagénaires travaillant dans les bureaux d’études, les agences d’architecture ou d’ingénierie, n’utilisent que très peu — voire pas du tout — leur Compte Personnel de Formation (CPF). Pire encore, beaucoup ignorent jusqu’à son existence ou ne savent pas comment y accéder.
Une génération expérimentée, mais peu informée
Les professionnels âgés de 50 ans et plus sont souvent des piliers dans les équipes de conception : ingénieurs structure, projeteurs CVC, architectes ou coordinateurs BIM. Ils ont vécu le passage du dessin papier à la CAO, puis à la maquette numérique. Pourtant, malgré leur expertise, ils sont rarement les premiers à profiter des opportunités de formation continue offertes par le CPF.
Dans les échanges avec ces professionnels, deux constats reviennent fréquemment :
« Je ne sais pas comment accéder à mon compte CPF. »
« Je pensais que c’était réservé aux jeunes ou aux demandeurs d’emploi. »
Ces phrases traduisent un réel manque d’information, alors même que le CPF est un droit individuel accessible à tous les actifs, y compris les salariés expérimentés.
Un levier de montée en compétence… inexploité
Le CPF est pourtant un outil puissant, notamment pour suivre des formations en BIM, en logiciels de modélisation, en gestion de projet ou encore en data management — autant de compétences clés dans un secteur en mutation. En moyenne, un professionnel quinquagénaire dispose de plus de 2 000 euros sur son CPF, parfois bien plus, selon son ancienneté et son parcours.
Cette enveloppe permettrait, sans frais pour l’employeur ou pour le salarié, de financer :
Des formations logicielles (Revit, Archicad, Navisworks, etc.)
Des spécialisations BIM ou DOE numérique
Des parcours certifiants à distance, avec tutorat
Des modules de mise à niveau sur la réglementation ou les outils collaboratifs
Un manque d’accompagnement et de communication
Pourquoi ce CPF est-il aussi peu utilisé dans cette tranche d’âge ? Plusieurs explications :
Le compte n’a jamais été activé : les démarches d’activation peuvent sembler complexes pour ceux peu familiers avec les plateformes administratives en ligne.
L’entreprise ne communique pas sur le sujet : le CPF reste souvent un sujet personnel, peu intégré dans les plans de formation internes.
La peur de l’inutilité ou du déclassement : certains professionnels estiment, à tort, qu’ils n’ont plus besoin de se former ou craignent que cela remette en question leur légitimité.
Que faire ?
Pour les professionnels :
Rendez-vous sur www.moncompteformation.gouv.fr
Activez votre compte avec votre numéro de Sécurité Sociale
Consultez vos droits et recherchez des formations adaptées à votre métier
N’hésitez pas à demander un accompagnement si vous êtes peu à l’aise avec le numérique
Pour les entreprises :
Organisez des sessions d’information sur le CPF
Incitez les collaborateurs seniors à utiliser leur budget
Ciblez des formations réellement utiles aux enjeux de l’agence ou du bureau d’étude
Conclusion :
Les quinquagénaires du secteur du bâtiment possèdent un savoir-faire inestimable. Mais pour rester à la page dans un environnement numérique en constante évolution, l’accès à la formation est crucial. Le CPF est une opportunité — gratuite, individuelle et flexible — encore trop ignorée. Il est temps de changer cela.



